Lecture de l'ordre du jour N° 37

  Par le Général GOBILLIARD

Gérard Bonnardot

Après 35 ans d'existence l'École Nationale Technique des Sous Officiers d'Active sera dissoute le 31 juillet 1998.
  Créée le 10 janvier 1963 l'École des Apprentis Techniciens de l'Armée de Terre accueille ses premiers élèves à Issoire le 1ier octobre de la même année. A l'issue d'une première année scolaire elle prend le nom à compter du 01 juillet 1964 d'École d'Enseignement Technique de l'Armée de Terre. Puis le 26 février 1965 Monsieur MESSMER ministre des armées remet au colonel De Buzonnière le drapeau de cette jeune école. Pour faire face à de nouveaux besoins l'annexe de l'EETAT est créée à Tulle le 28 mars 1976, héritière directe de l'École Militaire Préparatoire Technique qui avait vue le jour en 1924.
  En 1977 c'est sous l'appellation d'École Nationale Technique des Sous Officiers d'Active qu'est poursuivie la mission.
  Cette École attachante, aux traditions fortes, liée à sa ville, a formé plus de 13000 sous officiers. Répondant à une nécessité de l'époque, l'Ecole atteint ses objectifs d'assurer le recrutement du personnel technicien de l'armée de terre et de donner aux jeunes gens qui étaient admis en qualité d'élèves une formation technique militaire et morale les préparant à leurs fonctions de sous officiers techniciens. Mais la réussite de l'École réside aussi dans cette identité commune d'issoiriens qui unie les élèves issus des différentes promotions, les anciens élèves ont prouvé et prouvent encore leurs valeurs, aussi bien en métropole que sur les théâtres d'opérations où nos forces sont engagées au service de la paix.
  Je me fais ici l'interprète du général Chef d'Etat Major de l'Armée de Terre, pour rendre hommage à tous les enseignants de l'Éducation Nationale et aux formateurs militaires qui se sont succédés dans cette école et y ont oeuvré pour assurer une instruction de qualité adaptée aux techniques de notre temps. Tous, civils ou militaires, vous avez contribué à faire de cette École un outil efficace, un lieu privilégié pour des milliers de cadres de l'armée de terre qui ont affirmé ici leur vocation. Je souhaite que les compétences et savoir-faire démontrés à Issoire soient transférés et mis en application avec autant de dévouement à l'ENSOA de Saint Maixent et dans les écoles d'applications de la Maintenance des Télécommunications et de l'Artillerie.
  Tous ceux qui ont servi avec coeur, passion, désintéressement et compétence à l'ENTSOA peuvent être fiers de l'oeuvre accomplie.
  Officiers, sous-officiers, élèves sous-officiers, militaires du rang et personnels civils de l'Ecole Nationale Technique des Sous Officiers d'Active, je m'incline devant votre drapeau et je demande aux anciens élèves de garder vivace l'esprit issoirien à travers la devise: Exemple, Rigueur.
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Hervé GOBILLIARD
Général d'Armée


  Le message du Général GOBILLIARD

  ""Vous les Issoiriens ..."

Gérard Bonnardot

Un homme, un soldat, est fait de muscles, d'intelligence mais il est surtout fait de cœur... et vous aujourd'hui votre cœur est triste et c'est normal.  
  Quel que soit votre âge, vous avez en venant ici un jour de septembre, vous avez tout donné à votre pays. Vous avez tout donné à l'armée de terre. Vous avez tout donné à votre drapeau.. Et maintenant ce drapeau que vous avez vu partir avec peut être, et c'est normal, quelques larmes au coin des yeux, ce drapeau il est maintenant avec d'autres, là où dorment les héros de la France.
  Vous les Issoiriens et je peux en témoigner vous avez su allier la technologie et le cœur, l'intelligence et l'adaptation. Et en vous parlant, je pense à un issoirien il y a quelques années, pas très longtemps, qui, entouré de serbes qui braquaient son équipe avec des canons de 20 et des Kalachnikov a continué, avec sans doute le cœur qui palpitait, a continué à dépanner, car sa mission était de dépanner.
  C'est ça l'esprit issoirien
  C'est non seulement d'être un sous-officier, un cadre de l'armée de terre, mais c'est quelqu'un qui a parfaitement compris ce qu'étaient l'exemple et la rigueur. Et aujourd'hui votre cœur se serre, votre cœur se serre parce que vous vous dite, cette école cette merveilleuse école à laquelle j'ai donné ma jeunesse, à laquelle les cadres instructeurs et militaires ont eux aussi tout donné , cette école n'existe plus. C'est vrai. C'est le rôle d'un soldat d'un chef comme je suis, c'est d'exécuter les ordres et moi aussi j'ai le cœur serré, j'ai le cœur serré parce que je sais la potentialité que ça représentait, que vous représentiez. Et je sais aussi l'histoire que vous avez écrite.
  Il y a 35 ans les pages étaient blanches, et vous, vous avez su les écrire avec votre cœur, avec votre sueur et certains avec leur sang. Sachez que le chemin de l'exemplarité et de la rigueur vous nous l'avez tracé et nous chefs militaires responsables de l'application des décisions , responsables de la construction de l'outil militaire, responsables de la pérennité de notre France nous savons retenir vos leçons.
  Et je le dis sans flagornerie, s'il y a un corps qui en quelques années avait réussi non seulement à trouver sa place , mais à guider les choix, les inclinations, les orientations, sachant montrer que la technologie pouvait s'allier avec l'intelligence, c'était vous les Issoiriens.
  Que votre cœur soit serré, c'est normal , tous ici nous avons le cœur serré. Mais un soldat c'est quelqu'un qui se tient debout. C'est quelqu'un à qui le relais est transmis et qui doit le retransmettre aux plus jeunes. Les plus jeunes qui sont passés devant vous tout à l'heure, vous les avez salués. Ce sont vos frères d'armes. Ce sont maintenant des soldats et de futurs chefs. C'est à eux d'écrire leur histoire , mais en les regardant les yeux dans les yeux vous leur avez dit: Soit comme moi, soit comme moi un chef exigeant, soit comme moi un chef aimant ses hommes. Je sais combien vous les sous officiers d'Issoire vous avez su être attentif aux plus faibles et aux plus petits. Car vous savez que la victoire est celle du plus faible et du plus petit. Vous avez su rester debout. Maintenant vous avez non seulement à vivre de souvenirs mais à vivre d'espérance.
  Tant qu'il y aura une France avec les trois couleurs que nous avons regardées tout à l'heure avec des yeux embués, il y aura des soldats, il y aura des chefs, il y aura des hommes qui feront tout pour que leur pays soit un pays debout et solidaire.
  Pour conclure je voudrais vous dire que vous pouvez être fier d'être issoirien , une école est aujourd'hui dissoute, votre esprit existe toujours.
  N'hésitez pas à nous dire, vous les sous officiers, à nous dire en nous regardant, nous les chefs, "je suis un issoirien" et je peux vous dire que nous saurons ce que cela veut dire. Merci

Hervé GOBILLIARD
Général d'Armée


  Le message du Général Bonnardot

  2ième promotion (Gal Estienne) Brigade 121.
  En préface du livre: "l'Ecole technique d'Issoire - 35 ans d'histoire -- "

Gérard Bonnardot

Pour de milliers de cadres de L'Armée de terre, officiers et sous-officiers, l'entrée à l'École d'enseignement technique de l'Armée de terre, plus tard, École nationale technique des sous-officiers d'active de l'Armée de terre, a constitué une étape décisive dans leur vie. Par l'accès à l'institution militaire tout d'abord où se sont fixés les repères de vie; les parcours y ont été les plus variés, mais toujours emprunts du goût de servir et du travail bien fait. Par la rupture du passage de l'adolescence à l'âge adulte ensuite qui, pour tous, restera le moment privilégié où se sont nouées les camaraderies qui subsistent après trente années.
   Si nous savions qu'un monde nouveau s'ouvrait devant nous, nous ne savions pas encore l'honneur de vivre et d'apprendre au quartier de Bange, riche d'histoire mais en continuelle transformation.
   Cet honneur était une chance pour l'Armée de terre comme pour chacun d'entre nous. Chance pour la première qui voulait ainsi former ses cadres selon ses propres valeurs et besoins spécifiques, chance pour nous tous par l'apprentissage de la vie à tous les sens du terme au sein d'une collectivité.
   Des années plus tard demeure le souvenir vivace de l'enthousiasme, mais aussi de la rigueur et de la richesse de la formation reçue. Chacun conserve son image propre des cadres de l'École, militaires et civils, du général commandant à l'instructeur technique, de leur dévouement et de leur compétence pour transformer les adolescents en cadres efficaces.
   Demain l'École quittera Issoire où nous avons tous laissé une parcelle de notre jeunesse. Mais au-delà de la nostalgie, il faut regarder l'avenir, souhaiter bon vent à l'École sous d'autres cieux, avec la certitude quelle poursuivra son œuvre essentielle de formation, pour l'Armée de terre professionnelle, des cadres techniques dont elle aura plus que jamais besoin.

Gérard BONNARDOT
contrôleur général des Armées
2° promotion - Général Estienne